L’histoire et le cannabis : tour d’horizon de la criminalisation à la légalisation

SUMO Cannabis

Aujourd’hui, on connaît davantage le cannabis pour ses effets, mais ce ne fut pas toujours le cas. Connu d’abord pour les propriétés des fibres de la plante, le cannabis a par la suite su tirer avantage et se faire connaître en raison de ses propriétés psychotropiques.

Selon les auteurs du livre Le cannabis dans l’histoire, Denis Richard et Jean-Louis Senon, « il reste difficile de déterminer avec précision l’époque où ses propriétés furent découvertes. Il demeure probable qu’il fut initialement récolté pour ses fibres et ses graines. Secondairement, ses propriétés pharmacologiques donnèrent lieu à une double exploitation : religieuse et thérapeutique. »

Nous savons que c’est l’une des plus anciennes plantes cultivées, qu’elle est originaire de l’Asie et qu’elle a accompagné les voyages de conquêtes et de migration. C’est de cette façon qu’elle a pu voyager et qu’elle est maintenant cultivée partout dans le monde. 

L’histoire de la criminalisation du cannabis dans le monde 

On parle depuis plusieurs années de la légalisation du cannabis au pays, mais qu’en est-il de la criminalisation? A quel moment le cannabis a-t-il été considéré comme illégal au pays? SUMO vous offre un bref retour dans l’histoire ici afin de comprendre les raisons pour lesquelles le cannabis a été interdit dans les années 1920.  

La plante était utilisée pour sa fibre et ses graines depuis les années 1600 au Canada. C’est dans les années 1840 qu’on aurait commencé à s’en servir comme médicament. La Reine Victoria s’en est même vue prescrire afin de soulager ses crampes menstruelles.

Dans les années 1890, certains médecins commencent à noter que la puissance entre les variétés de plantes est très variable et que les effets sont différents chez les consommateurs. Au même moment, l’usage de façon récréative prend de plus en plus d’ampleur au Canada. D’ailleurs, à ce moment, il est légal de consommer du cannabis, de la cocaïne, de l’opium et autres substances qui seront qualifiés « d’illicites » un peu plus tard au pays.

Au même moment, nos voisins américains débutent quant à eux une législation sur le cannabis et autres drogues, prétextant une crainte pour la santé publique et voulant protéger les consommateurs des effets. Le cannabis était associé aux Mexicains et aux Afro-Américains, entre autres. Et en légiférant sur la substance, on facilitait les réprimandes envers ces groupes ciblés. 

Suivant l’exemple du Sud, le Canada légifère d’abord sur l’opium. Puis, la morphine et la cocaïne ont été ajoutées à la liste en 1911, suivies de l’héroïne, la codéine et le cannabis qui ont figuré à la liste des substances prohibées en 1923. 

L’histoire de la légalisation du cannabis dans le monde et au Canada 

Au Canada, le cannabis a été légalisé en 2001 à des fins médicales et en 2018 à des fins récréatives. 

Chez nos voisins du Sud, le 6 novembre 2012, le Colorado et l’État de Washington sont les premiers États américains à adopter la légalisation de petites quantités de cannabis (jusqu’à 28 g). 

Au Canada, dans les mêmes années, le Sénat débute certaines démarches afin de décriminaliser l’usage du cannabis. En 2013, le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, annonce son appui envers la cause de la législation du cannabis. En août 2013, alors en campagne électorale, il ajoute la mesure à sa plateforme électorale. En 2018, le projet de loi est adopté au Canada. 

C’est à Santé Canada que revient la responsabilité d’accorder ou non le droit de produire du cannabis médical (thérapeutique) et récréatif. De nombreux critères sont évalués par l’organisme gouvernemental, entre autres, l’hygiène, la sécurité, le matériel de surveillance, le personnel du site de production, etc. 

Les producteurs de cannabis doivent également être en mesure d’assurer un produit homogène et de fournir des échantillons de cultures qui sont rigoureusement évalués par des experts du Bureau du cannabis médical (BCM) de Santé Canada.

Au Canada, la réglementation en matière de cannabis est complexe, puisqu’elle implique à la fois le cadre législatif fédéral, mais également la réglementation propre à chaque province et même à chaque municipalité. 

Au Québec par exemple, seules les SQDC sont autorisées à vendre du cannabis à usage récréatif. 

Voir l’article de blogue sur le cadre législatif et la réglementation

L’histoire du 4/20

Le 4/20 ou le four-twenty en anglais est une expression utilisée en Amérique du Nord comme une référence à la consommation de cannabis. Le 4/20 fait aussi référence au moment jugé opportun pour fumer un joint (4h20). D’ailleurs, tous les 20 avril à 16h20, divers rassemblements spontanés ont lieu, tenus par des militants en faveur de la légalisation du cannabis. 

L’origine de l’expression n’est pas officielle. En revanche, plusieurs thèses affirment que l’expression viendrait d’un groupe d’étudiants qui se rassemblait jadis, dans les années 1970, toujours à 16h20, pour fumer un joint après l’école! 

1. Le cannabis dans l’histoire, Richard, Denis, Senon, Jean-Louis, Collection Que sais-je, 2010.  

2. https://fr.wikipedia.org/wiki/Cannabis_sativa#cite_note-4

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